Reservoir Dogs

Murder party - Reservoir dogs

Résumé

Le braquage du siècle tourne mal 9 fois sur 10, en voici encore la confirmation. Six gangsters livrés à eux-mêmes dans un hangar désaffecté. Arriveront-ils à régler leurs problèmes avant l’arrivée de la police ?

On a aimé

– le support est clair, organisé, soigné
– l’intrigue centrale favorise la communication, le jeu est très vivant et interactif
– le jeu est très simple à organiser

On a pas aimé

– le scénario est simpliste

Critique (par Vincent Choupaut)

La première lecture de ce scénario nous confirme ce que le titre pouvait nous laisser penser, il s’agit bien d’une adaptation en jeu de rôles grandeur nature du célèbre film. L’intrigue est quasiment la même, à un ou deux détails près, et on comprend que le scénario a été écrit pour des joueurs ne connaissant pas l’œuvre originale. Un organisateur intéressé veillera donc à vérifier si ses joueurs ont vu ou non le film de Tarantino, certains rôles n’ayant pas d’intérêt sans la surprise de l’intrigue.

On pourra également reprocher au scénario de s’essouffler assez vite dans la scène du hangar, et un organisateur avisé saura intervenir au bon moment pour arrêter le jeu avant que le rythme ne retombe complètement. Après tout la durée proposée n’est qu’indicative, et mieux vaut un jeu court et rythmé qu’un jeu s’étirant en longueur sans raison. Cet essoufflement s’explique assez facilement, car là où Tarantino tient en haleine le spectateur à l’aide de flashbacks ou de scènes d’ambiance, le jeu de rôles grandeur nature peine à temporiser avant le dénouement de l’intrigue, ne pouvant utiliser les flashbacks et laissant la plupart des scènes d’ambiance à l’initiative des joueurs.

Cependant, on en vient presque à regretter que l’auteur ne soit pas allé davantage au bout de son idée en parvenant à réutiliser un procédé cinématographique comme le flashback, s’étant déjà réapproprié l’ellipse avec brio. En effet l’intérêt principal de ce scénario est d’avoir repris une partie de la construction du film. Ainsi la scène d’introduction où les personnages prennent leur café, et qui faisait déjà mouche au cinéma, prend tout son sens lorsqu’elle est transposée en repas pré-casse au début du jeu. Cette longue scène d’exposition n’est toutefois pas livrée clef en main, et des joueurs n’ayant pas travaillé leur rôle ou révisé les dialogues « tarantiniens » ne sauront profiter de ce cadre rêvé d’improvisation théâtrale. Vient ensuite toute la séquence post-casse, la description de celui-ci étant livrée aux joueurs dans un supplément de background. Tous les codes établis dans la première scène se voient ainsi chamboulés par cette description des événements où chaque personnage aura interprété différemment ce qu’il a vu, donnant un réel regain d’intérêt à la suite du jeu, en contraste total avec la première séquence.

Alors que l’unité de temps et de lieu, chère aux classiques, a depuis longtemps été mise à mal au théâtre, au cinéma ou encore en jeu de rôles sur table, on déplore qu’elle soit encore si peu remise en cause en jeu de rôles grandeur nature. On devine bien sûr que l’ellipse est plus aisée à mettre en place que d’autres procédés, et on se prête à rêver cependant que des scénaristes audacieux dépassent les contraintes logistiques de ces procédés pour nous faire vivre des expériences différentes, ce que le jeu Reservoir Dogs tente de faire humblement.

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